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jeudi 28 octobre 2010

gnose-13: la lumière


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petit mur de nuit éclairé à Sienne.

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Ce n'est pas la lumière du jour, celle-ci est artificielle,
tout comme l'ensemble des écrits qui inonde notre vie
Ils sont innombrables (les livres, textes et auteurs) et plusieurs vies ne suffiraient pas à tout voir, lire, apprécier, comprendre....,
alors il faut se faire une raison....
en prendre et en laisser.
J'ai rangé une de mes bibliothèques...je suis envahie par les livres, et pourtant depuis internet, je me rend compte que je lis plus souvent "mon écran", et donc des "bribes" qu'un livre....je ne sais pas si c'est bien.
Je crois qu'au final, je n'en retire pas grand chose...mais je me trompe peut-être aussi. Parfois des articles retiennent mon attention et du coup je les lis et les relis même!!
Ce soir, parlons bouquin, je suis "tombée"sur Averroes que j'ai acheté à la foire aux livres (magnifique mais assez mal organisée) de Belfort. Cela m'avait l'air "lisible"...parce que la philo, faut parfois se la farcir. J'aime l'écriture limpide qui coule de source. Les écrits trop tortueux me fatiguent les neurones.
Je vais m'y replonger...
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vendredi 15 octobre 2010

gnose-12: doleo


Cogito ergo doleo:

Je pense, je pense, ...tout le monde pense, dès lors qu'il a la panse bien remplie.
La solution pour ne pas sombrer dans la mélancolie, qui prétend être la seule posture pour être créatif,
est d'avoir le courage de se regarder en face.
Puis, après un petit toilettage de ses illusions perdues, ou même seulement de ses illusions tout court,
se remettre en marche, même si cette marche doit nous emmener vers l'inconnu du néant.

Peu importe

Le présent est tout, et il est urgent de se débarrasser des cons.
S'éloigner d'eux
Entrer en résistance
mais pas une résistance inutile, vaine et égocentrique
gueularde et belliqueuse
une resistance de l'intelligence
par l' analyse de ce qui nous réunit vraiment tous
en laissant tomber les masques du paraitre
apprendre la vraie liberté, tant qu'il en est encore temps
ré-apprendre le courage
oser s'exprimer, savoir dire ce que l'on a en soi
accoucher de la connaissance, du savoir que l'on a au fond de son être

avoir confiance en l'autre

croire en soi

transmettre

témoigner

désirer

l'écrire

le dire

NA!

vendredi 8 octobre 2010

GNOSE-11.Aïda


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C'est difficile de prendre la mesure de ce que laisse en soi de participer à un tel événement :

Chanter dans le choeur d'Aîda, devant 55000 personnes au stade de France.

Le fait d'être en groupe rassure bien évidemment. Et puis il y a soi, face à sa partition; le travail fourni auparavent devient une bouée de sauvetage; il faut assurer une prestation sans faille; on ne veut pas décevoir, il faut faire bien.
le regard glisse le long des notes qui s'égrennent avec vivacité, une mélodie intérieure s'installe, les accords instrumentaux résonnent avec force et s'imposent comme la seule réalité existente; tout le reste disparait, il n'y a plus rien que la vérité de la musique. Je lis la partition et en même temps,je suis imprégnée des accords et de la sonorité puissante et précieuse des instruments placés juste devant nous. La musique appelle nos interventions chantées. Elle nous devance, nous nous laissons porter par elle, tout en ayant les sens en tension. Nous savons l'instant précis où nos voix conjuguées vont fendre l'air ou poser, en communion, une note tendre. Nous connaissons toutes les nuances, les accents, les articulations, les intentions. Dès que le moment arrive, tout le monde se lève tranquillement, pose un regard plus aigü sur le chef qui dirige avec énergie et précision. Ces gestes sont surs, encourageants, il nous indique, mais pas toujours, qu'il faut y aller.

J'ai compté les temps, la musique est mathématique; c'est là, il ne faut ni attaquer trop tôt, ni hésiter sur le départ. Il faut compter et être prêt. Il faut entendre la mélodie, se laisser guider par elle.

Seule au milieu de tous. Seule mais accompagnée de tous.

Quelle impression! Comme les organes d'un seul corps qui fonctionnent indépendemment les uns des autres mais qui ne peuvent agir seuls!
La musique ,qui les relie, est comme le flux de sang dans un organisme qui irrigue chaque partie de celui-ci.

Nous ne faisions plus qu'un.
Là, dans cet immense stade, nous ne faisions plus qu'un avec l'orchestre, la scène, les danseurs, les solistes.

Nous avons répété, fait quelques raccords.
A la pause, juste avant le repas dans le salon « sensation », quel nom! je me suis assise, sur une plate-forme juste devant la scène où déambulaient pelleteuses et ratisseuses. Il fallait étendre le sable ocre qui servirait de décor. De hautes colonnes en carton-pâte se dressaient de chaque côté. Il faisait un temps incroyablement doux en ce 2 octobre, comme une journée de fin d'été. Une période se terminait. Nous avions travaillé « Aïda » depuis le mois de mai. S'il avait plu, nos efforts auraient été reduits à néant. Un report du samedi au dimanche était prévu mais plus qu'improbable.

Il a fait beau.

Je scrutais les quelques personnes qui finissaient de mettre tout en place pour le spectacle du soir. J'avais une sensation de plénitude. Il me semblait qu'à ce moment précis, rien ne pouvait arriver de mauvais, malgré les gendarmes à cheval, malgré les menaces planantes depuis quelques semaines...

Le spetacle s'est déroulé comme prévu, quelques aléas perceptibles par nous, mais pas du public, qui eut une impression d'ensemble très favorable. Quelques interviews d'un présentateur connu venait ponctuer le déroulement de l'oeuvre. Il expliquait l'histoire pour les téléspectateurs car il allait y avoir une retransmission. Le chef devait l'attendre. Nous aussi.

La télévision est reine.

Le speaker se faisait pomponner entre chaque prise. C'était amusant, mais à la fin, un peu agaçant. Ses parenthèses venaient enrailler la fluidité de la musique, comme un vieux tourne-disque qui saute par intermittence.

Les applaudissements finaux furent longs et appuyés. Très rapidement ils ne furent plus d'actualité. Tout allait très vite. Le plaisir avait eu lieu. C'était déjà du passé.
Ceci dit, c'était quand même bien sympathique de se retrouver au milieu des gens qui montraient leur contentement. La caméra balayait nos visages souriants qui montraient une certaine satisfaction.

Que feront-ils de ces images?

Il me fallait fixer par écrit ces quelques impressions, pour les faire vivre encore.
Je suis comme au retour d'un beau voyage. Je ne suis pas encore redescendue de mon petit nuage.
Cela peut paraître ridicule ou vain, mais j'ai l'impression d'avoir accompli quelque chose.

Oui, les expériences nous changent...