Une erreur est survenue dans ce gadget

jeudi 19 août 2010

GNOSE-8

Léo, mon amour,

La vue sur la campagne toscane était magique. Les ifs sombres, élancés, rivalisaient avec les têtes argentées des oliviers.
De collines en creux, de vues à l'infinie en détour surprenant des chemins, la route me conduisait jusqu'au domaine vinicole où vécu Léo Ferré de 1971 à 1993. Une route escarpée, jonchées de cailloux, puis un léger raidillon avant d'apercevoir le porche. Une pancarte indiquait:"Azienda agricola san Donatina"...L'accueil fut chaleureux. rapidement je me retrouvai sur une terrasse surplombant une large vallée, des vignes partout,et puis sur la table, un plateau garni de quelques croutons recouverts d'une huile onctueuse et très fruitée.
Pour accompagner cette dégustation, un verre de chianti.
L'air était doux, juste comme il faut, pas trop chaud, en ce moi d'août finissant. Un portrait discret mais très présent de ce cher Léo décorait une porte en bois de la demeure. Il était bien là, semblant nous accueillir, et en même temps délimitant et interdisant l'entrée de sa maison. Il surveillait en somme...nous étions bien venus... jusqu'à un certain point.

C'est comme ça avec Léo, faut pas abuser...

L'émotion, ce fut quand j'échangeai quelques mots avec son fils, un homme affable, au regard souriant, affairé à conditionner correctement les cartons de vins et d'huile. J'ai senti et retrouvé quelque chose de Léo, la douceur et la gentillesse de l'homme sensible. Quand nous évoquâmes ensemble Léo, j'eus du mal à retenir cette émotion qui me fit un instant balbutier. Je me suis vite reprise. Ce serait devenu gênant. Et puis, lui, ce fils qui doit voir défiler des inconnus qui se disent presque des familiers...incongruité. Il avait l'air d'apprécier, cependant. Tous les cds du chanteur garnissaient un angle de la cave à vin.

Il m'est revenu cette chanson sur le retour, que j'ai fredonnée...:"Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
A la Gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule...

Salute.

samedi 14 août 2010

GNOSE-7

Je crois que ce n'est pas banal de loger quelques jours dans une vieille demeure de pierres du 15ième siècle, dans la campagne profonde de l'Ombrie ...
Ce soir, je les ai senti, frôlant mes cheveux, emplissant la pièce, du côté de la salle de bain. Ils sont d'un autre temps, d'une autre époque, d'un autre âge...Ils n'ont pas montré d'animosité, mais ils m'ont fait comprendre que nous devions rester calmes et respectueux de leur territoire. C'est ce que je leur ai dit.: nous ne sommes que de passage et pour peu de temps encore....
Je sais qu'ils m'ont entendus.
L'air était lourd, un orage a éclaté. De grands éclairs ont zébré le ciel obscur, des coupures d'éléctricité intermittentes et une averse énorme ont agrémenté la soirée.
Dans le village, un petit bistrot de campagne où était servi un café ristretto, avec un limoncello très frais...Les gens était surpris de voir quelques touristes égarés dans ce coin retiré...fort sympathique. Quelques sourires échangés, quelques mots aussi dans un italien approximatif, un autre bar plus loin, vociférant une musique moderne, invitant à la danse, des minettes pailletées, bras dessus-bras dessous, d'autres, des gars, qui se rassemblent comme pour se donner du courage...des regards.
La pluie a repris de plus belle.
La nature est rebelle.