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vendredi 24 août 2007

le vide


Parfois le vide fait peur, il nous apparait comme une absence de parole, une absence de sens, un trou sans nom, un néant. Mais le vide a du bon ..."faire le vide dans son esprit", qui permet de se recentrer sur soi, vider son verre à l'amitié, vider son sein quand on allaite...ce vide permet aussi de devenir a-vide...avide d'avancer, avide de comprendre, avide d'être soi, avide de se reposer, de se reposer sur quelqu'un, de se reposer des questions, avide de vivre, avide d'apprendre, avide d'expliquer ce que veut dire aimer...Le vide, ce n'est pas rien, c'est aussi ce qui permet de se construire. Reste à interpréter le monde, à inventer son monde. Le silence en musique permet de mettre en valeur les autres notes, c'est ce qui permet le rythme. Il est normal et sain de rencontrer des moments de vide...ils permettent de bien s'élever. Il est important de s'élever, de ne pas sombrer, en entrainant d'autres sur son passage. Cela demande de l'énergie. mais l'énergie, c'est la vie...ou alors, on est...déjà ...presque...mort.

14 commentaires:

Astrale a dit…

Vous sentiez-vous obligés de "vider"les lieux?

Scheiro a dit…

Pourquoi il y a-t-il du vide plutôt que rien ? Le vide a-t-il horreur de la nature ? Après un passage au vide, le passage à tabac : une bonne Winston et ça repart !
Je plaisante, car si je te comprends bien, Astrale, lorsque tu parles de vide, tu parles de temps mort - une expression venue des terrains de basket ? - ce minuscule instant qui nous permet d'échapper ponctuellement à la pression constante que l'hypermodernité nous fait subir. Parce que le temps, c'est de l'argent, du plaisir, de la consommation, de la communication, etc. On culpabilise si l'on perd du terrain face au temps. Le temps est la dimension que nous supportons le moins parce qu'à la fin du temps la mort nous attend.
Aussi, on cherche à s'en rendre maître, à gagner sur le temps, au point d'en arriver à oublier de vivre. Mais si on laisse tomber le temps, on entre dans le vide, on retrouve le sentiment océanique. Cette période où le temps n'avait aucune consistence, une période où la vie n'était pas encore indexée sur la marche des aiguilles des horloges et encore moins sur celles des chonomètres qui mesurent les N èmes de secondes. Faire le vide, c'est cesser de combatre le temps, accepter la mort inéluctable. Ne pas craindre la mort, même si vue de l'extérieur la mort peut nous sembler violente. La mort, c'est l'inverse de la naissance, l'extraction brutale vers la lumière du monde. La mort est toujours douce : she gently fades us away. Viva la muerte !

Astrale a dit…

La mort ou repos éternel, dit-on...
il n'y a pas à s'en préoccuper...elle est gênante pour les autres, on le sait. Le moment venu, on se doit de la regarder en face courageusement, à moins d'être complétement shooté à la morphine ou si celle arrive brusquement ou dans son sommeil...hé bien au regard de ce que je viens d'écrire, regarder la mort en face n'est vraiment pas donné à tout le monde...même le suicidé "vit"sa mort, enfin je crois, dans un moment de "démence" qui lui enlève toute appréciation de l'instant présent réel...ce qui est plus préoccupant est ce que nous faisons de notre vie, et comment nous avançons sur ce chemin qui nous y amène inéluctablement...au néant. A moins que quelque chose se passe après...mais ça, nous en ignorons tout. Que de banalités...mais toujours les mêmes questions qui reviennent. La conscience...
viva la muerte, non, la vida!

paradox a dit…

Le vide, contrairement à l'apparence qu'il se donne, n'aime pas le rester.

Le vide est source d'énergie, tout autant qu'espace à remplir, donc de temps.

Le vide n'est pas le néant : le vide sert à construire, alors que le néant ne peut que détruire, ne peut qu'anéantir.

Le vide, c'est l'alternative au néant, mais c'est aussi le mouvement qu'il imprime au plein, son contraire et pourtant son équivalent : entièrement vide c'est pareil qu'entièrement plein finalement. Mais, sans vide, tout devient inerte, tout ce comprime, s'agglomère, tout devient uniforme, sans vie : le vide c'est la liberalisation de la matière. C'est la possibilité de son expansion.

Alors, si la mort est un grand vide...

Scheiro a dit…

Alors, la mort passage vers le vide ou le néant ? Le vide à quelque chose de rassurant. Mais si on saute dans le vide n'y a-t-il pas, tout de même, un risque d'être anéanti ?

Scheiro a dit…

Un triple espace donc ; le néant, le cide, le plein. C'est tout ?

Astrale a dit…

le temps qui passe...un aspirateur/

le désespoir, un conspirateur/

la conscience, un inspirateur...

paradox a dit…

la vie, un expirateur

Scheiro a dit…

L'avide pompe à vide tourne à plein régime.

Astrale a dit…

funèbre...sérénité!

paradox a dit…

la vi(d)e...

Marc a dit…

Tiens à propos de vide, voici un texte que j'ai écrit il y a quelques temps :

Etrange sommeil

Un jour, en plein jour, je m'étais endormi d'un coup, pour un court instant, mais profondément. Au réveil, je passai un long moment sans pouvoir fixer le moindre souvenir, la moindre impression, ne sachant plus dans quel endroit je me trouvais, ni quelle heure il était.

Non, cet instant dû être court mais c'est comme si cela n'avait plus d'importance; je sus bientôt à nouveau qui j'étais. Je me souvins de la grande fatigue des derniers jours et que ce genre de sommeils me saisissait alors
souvent. A chaque fois, le même réveil m'apportait les mêmes sensations. C'était une délicieuse et tendre indifférence. Et j'imaginais alors la mort ainsi, comme une indifférence fondamentale. Les souvenirs qui petit à petit revenaient et l'obligation à un moment de reprendre conscience, puis de se lever, étaient des choses désagréables.
Ce lent retour à la reconnaissance distincte de tout mon environnement se faisait comme à regret. Oui, qu'il y ait un monde, avec des enjeux, des obligations, des envies, des besoins, m'apparaissait inutile.

Hélas, il fallait sortir de cet état. Il y a trois quarts d'heure, j'étais rentré chez moi, fatigué certes mais non déprimé. Je m'étais allongé et endormi aussitôt et voilà que, maintenant, j'étais prêt à abandonner l'existence sans regret.

Astrale a dit…

Si seulement...mais je suis à peu près sure que celui qui ressent l'envie de "partir" est quelqu'un qui connait une souffrance physique ou psychique tellement intense qu'il ne voit plus que cette issue. Mais je me trompe peut être...

paradox a dit…

Marie,
pourtant voilà ce que doit ressentir un "éveillé" lors de ses méditations.