Une erreur est survenue dans ce gadget

vendredi 23 novembre 2007

00.07....c'est l'heure de dormir

dernière lecture avant de me laisser aller dans les bras de ce bon Morphée...

Tao-tê-king (entre 460 et 480 avant JC) LAO TSEU

Les paroles vraies ne sont pas belles
Les belles paroles ne sont pas vraies
La bonté n'est pas éloquence
L'éloquence n'est pas la bonté
La sagesse n'est pas la science
La science n'est pas la sagesse

Le Sage se garde d'amasser
Plus il vit pour les autres et plus il s'enrichit
Plus il dispense aux autres et plus il est comblé

La Voie du Ciel : gratifier sans nuire
La Voie du Sage : œuvrer sans batailler.

(poème 81)

28 commentaires:

Albertine a dit…

Tiens, OO.07, n'est-ce pas plutôt l'heure du crime ?

Du Tao j'aime bien aussi :

"Les paroles vraies ne sont pas laides
Les paroles ne sont pas fausses
La bonté n'est pas maladresse discursive
La maladresse discursive n'est pas la méchanceté
La sagesse n'est pas l'ignorance
L'ignorance n'est pas la sagesse"

(C'est un écrit apocryphe de Lao Tseu je crois)

Marc a dit…

J'aime pas !

Astrale a dit…

Merci albertine, je vois que tu penches aussi vers la voie du milieu ;-)
marc, de quoi parlez-vous?

Astrale a dit…

ah, juste..l'heure du crime était un peu passée...

Marc a dit…

Je parlais de ce genre de sagesse au rabais qu'on reçoit en général comme des spams et qui garantissent le bonheur si on fait suivre à plusieurs et le malheur sinon.

C'est du poncif à l'état brut, aucune profondeur, aucun lien avec une quelconque situation vécue. De plus ça se veut être un poème, mais poétiquement c'est nul.

Bon dsl, ma critique est un peu rude c'est vrai mais que valent les éloges si on s'empèche de dire quand on n'aime pas ?

Astrale a dit…

Marc, je suis désolée(encore que...) mais à 00h07, je ne suis plus très claire, et donc productive!
...On ne m'avait encore jamais traitée de spam!
Une sage-spam alors;-)
ah! mais c'est la meilleure de la semaine! ouf! ouf!

Astrale a dit…

Plus sérieusement, gratifier sans nuire, ça ne vous parle pas plus que cela?
Œuvrer sans batailler? non plus?
Pas de profondeur, êtes vous si sûr?
je l'ai encore expérimenté aujourd'hui même, dans une réunion de service, 3 heures intensives...et pas de la réunion réunionnite!
Mais je ne vais pas raconter ma vie, ce serait trop long...
comme aperçu on a juste "protocolé" la procédure de "don de l'enfant en vue d'adoption", vous savez, ce qu'on appelle à tord, l'accouchement sous X, anonyme quoi...et d'autres choses.
Bien cordialement

Marc a dit…

Bon Marie, tu n'es pas obligé de me vouvoyer sous prétexte que je suis désagréable ! J'ai parlé de spam parce que j'en ai reçu plusieurs avec ce genre de sagesse orientale (mais pas la vraie sagesse orientale, juste celle pour européens blasés).
Prenons cela donc "La Voie du Sage : œuvrer sans batailler."

Donc le sage oeuvre tant qu'il n'a pas à batailler ? Ah, ça doit être un sage qui fait pousser des fleurs dans les régions tempérées alors. Il a l'air un peu poltron quand même ce sage. M'enfin oui, disons que c'est un gentil garçon.

Sinon c'est quoi cette histoire de protocoler le "don d'enfant en vue d'adoption" (!), il n'y a pas des lois pour ça ? C'est une pratique qui se redéfinit localement dans chaque hopital ?

Astrale a dit…

Ok...Une procédure sert juste à retranscrire dans des mots compréhensibles à une équipe la quintessence de la loi pour que celle ci justement puisse être appliquée:
cela sert donc à informer, réajuster les pratiques (qui dérivent parfois en référence aux vieilles habitudes ,du style: oui, mais on a toujours fait comme ça!)et sensibiliser. Il est toujours bon de ressortir ces fameuses procédures (personnels nouveaux) de s'assurer qu'elles sont comprises et connues de tous.
Voilà...

Albertine a dit…

Bonjour Astrale !

Euh... Pour tout dire et qu'il n'y ait pas de malentendu, le texte que j'ai écrit plus haut était un mauvais pastiche et une blague (sans doute pas très bonne je le reconnais) de ma part)...
En réalité, j'avoue n'être pas non plus très "fan" de ces bons préceptes
(cela dit, je connais très mal, donc peut-être ferais-je mieux de me taire) parce qu'il me semble que ça incite plus souvent à une certaine paresse de pensée qu'à véritablement penser... Je voulais seulment bêtement montrer qu'on pouvait faire affirmer à chaque phrase son opposé sans que cela ne paraisse ni plus vrai, ni plus faux. Bon, peut-être n'était-ce pas bien malin de ma part... Je te prie de m'excuser si cela te paraît de fort mauvais goût...

Par ailleurs, je tiens tout de même à dire que tu m'apparaîs plus comme une agréable étoile filante que comme un vilain spam ! Non mais ;) !

Très bonne journée !

Astrale a dit…

Je reconnais que je peux être parfois paresseuse.
Penser pour penser m'intéresse peu, au final. Je suis pragmatique, j'aime la vie, je pense quand même que ce que j'ai lu de la beauté et de la bonté dans la philosophie de certains asiatiques n'a rien à envier à nos philosophe quelque peu tordus parfois, dont la pensée chemine dans des lieux si tortueux que le langage utilisé rend la compréhension de leurs pensées obscure et hermétique. On peut effectivement faire dire aux mots tout ce qu'on veut, non? et la Vérité dans tout ça..n'est-elle pas multifocale?
Chaque philosophe a de toute façon, à un moment de son existence, posé les mêmes et inlassables questions. ...Réfléchir... et se regarder dans un miroir, analyser ce que l'on vit, se sentir vivant, être, être avec les autres, avancer, s'épanouir... avant de s'évanouir comme, comme...une étoile...filante.
Bon courage à toi, car j'ai cru comprendre que tu étais dans les études. A l'occasion, va quand même jeter un regard sur "la voie du milieu" ;-)

paradox a dit…

Le tao est avant tout une voie à méditer, plutôt que du pré-pensé.

Celui qui ne fait que lire et ingurgiter le tao ne peut comprendre sa raison et son ressenti profond : le tao se pratique, les phrases qu'il imprime ne sont que des points de repère...qu'il est possible d'ignorer.

Astrale a dit…

Paradox, connais-tu "la pratique de la voie tibétaine"? (de Trungpa)
Il y est bien expliqué ce qu"est "le lâcher prise"...à moi de couler vers cette fameuse "paresse" où le but de l'amélioration personnel n'est plus la principale quête...

paradox a dit…

Il existe une autre voie, beaucoup plus dangeureuse : se laisser tomber.

Jusqu'à ne plus avoir d'envie, à peine des besoins.

La vie occidentale facilite cette chute volontaire, mais ce n'est pas à donner à celui ou celle qui n'est pas prêt de se perdre lui-même : se relever est beaucoup, beaucoup plus difficile.

Il existe donc une "philosophie" occidentale, plus dure, plus directe, plus artificielle, plus destructrice.

Pour cela, il faut renoncer à l'apprentissage donné et chercher soi-même : la mise en abîme, entends-je parfois : si le concept fascine, il n'est pas du tout romantique. Car même ceux qui ont su l'exprimer y ont parfois succombé.

Toujours est-il que ces voies ne sont pas si anodines qu'elles le laissent supposer : il faut s'habituer à se regarder tel que l'on est. Vraiment. Sans compromis, sans complaisance. Sans sensiblerie, car la douleur qu'elles révèlent dépasse l'imaginaire.

Et puis, la reconstruction, la remontée du fond de l'abîme, du tréfonds demande une volonté insoupçoné.

Parfois, le confort de l'acquis, ou plus exactement de l'héritage permet d'éviter cette pénibilité.

Il faut être prêt à perdre sa soi-disante personnalité.

En revanche, une fois remonté...

Te sens-tu prête à faire un tel cheminement ?

Astrale a dit…

paradox, ce cheminement, il a depuis un certain nombre d'années commencé,...enfin, je pense,... je pense, je panse, je regarde les étoiles, l'infini, le ciel, l'arc en ciel. Je crois aussi que je me regarde telle que je suis...mais je suis changeante, toi non?

paradox a dit…

J'étais changeant parce que changé.

Le chemin de retour est long, mais la chute peut survenir très rapidement.

Le fond de l'abîme pose 4questions : continuer à vouloir vivre, se laisser vivre, se laisser mourir ou vouloir mourir. A condition de rester lucide.

Les mots décrivent facilement, mais le ressenti est terrible.

Il n'est possible de bien le comprendre qu'en le vivant.

Comme le Tao.

Ce regarder, ce n'est que le début, parce que, pour finir, il faut s'accepter.

En fait, le principe c'est de se débarasser de sa dignité, pour renforcer sa dignité.

Scheiro a dit…

Ha ah ! Je constate que Marc le Poète se laisse tomber dans la paradoxale spirale du ressentiment et montre ses petites quenottes ultrabright sur les blogs. Encore une arrête coincée dans la gorge Marc ? Parce qu'aucune maison d'édition n'a voulu publier vos recueils de stéréotypes versifiés, pas même sur papier recyclé ;-))

"A un poisson au fond d'un puits, on ne saurait parler d'immensité, car il est enserré dans un espace étroit.
A un insecte d'été, on ne saurait parler du froid, car il est enfermé dans une seule saison.
A un faux lettré, on ne peut parler du dao parfait, car il est entravé par les usages vulgaires et ligoté par l'enseignement reçu et l'opinion du monde diplomatique."
Huai-nan zi, Du dao originel
Je suis d'accord avec Paradox : se laisser tomber c'est dangereux, se laisser tomber sur la tête encore plus. Mais laisser tomber la philosophie, Astrale, sous pretexte que c'est un objet trop lourd à porter et que le manipuler est un acte trop risqué, ça c'est un geste qui me surprend. Si le chemin est tortueux, c'est peut-être parce que les entrepreneurs du prêt-à-penser n'ont pas encore ouvert d'autoroutes. La philo ne se pratique pas comme une course de dragsters sur la surface plane et aveuglante d'un grand lac salé. La philo c'est la longue ascension d'une montagne, la recherche des plus hauts sommets :
"Dialectique de la perfection : dans ce qui est parfait il y a encore un manque, il faut donc renchérir sur la perfection du commencement par celle de la fin - en passant par un dérangement.
Voilà qui forme une figure fondamentale d'imagination et de mouvement dialectique : un premier sommet "perdu" est reconquis par l'ascension vers un second sommet encore plus élevé."
Peter Sloterdijk

Et bien entendu, ce ne se fait pas en 4x4, non plus !
Mais rien ne presse, parce que la philo ne promet pas le salut, mais tout juste la petite satisfaction de se coucher un peu moins con, comme le disait notre ami Ulysse.

Marc a dit…

Salut Yves, bisou ?

paradox a dit…

Scheiro,

quelle verve !!!

Du fond de l'abîme au sommet d'une montagne...pour pouvoir se coucher moins con !!! Bel élan d'humilité aussi. C'est indissociable.

Astrale a dit…

La philo c'est la longue ascension d'une montagne, la recherche des plus hauts sommets...
Moi, je dirais la "vraie" vie c'est cela...et la philo estjuste un piolet, comme d'autres choses encore...

Corto a dit…

Ou bien tout cela n'est peut-être qu'une façon de donner plus de valeur à notre vie sous prétexte que nous serions plus que des animaux pensants...

Gravir une montagne ?

Ce serait admettre qu'il est possible d'arriver au sommet, et de dire "j'ai réussi" ce à quoi on ne peut parvenir en toute une vie.

Ce serait aussi admettre qu'il y a une unique voie, vers le haut, vers des cieux plus cléments... autrement dit, "en m'élevant je dépasse le bourbier de l'humanité et je le regarde d'en haut". L'élévation n'est qu'une métaphore de plus, un héritage du passé, une image prétendument positive. La sagesse divine est plus proche du sommet de la montagne vu que les dieux vivent dans les cieux.

Est-ce à dire que celui qui regarde depuis le sol, le sage assis sur le sommet de sa montagne, immobile et tout fier, a forcément renoncé à la sagesse ?

N'a-t-il pas déjà gagné quelque chose à ne pas suivre l' "autoroute" de l'ascension vers cette altitude où se retrouvent tous les "sages" ?

Sa sagesse a lui ne réside-t-elle pas dans la perception de ces chemins détournés, qui montent aussi bien qu'ils descendent, qui vous font aller à gauche aussi bien qu'à droite, et pas forcément vers le haut...?

Enfin, suffit-il de se charger d'un fardeau, fût-il philosophique, pour gagner...sa place au paradis (des sages) ? Encore et toujours cette conception de la souffrance rédemptrice, et de l'effort rétributeur.

Il y a longtemps que j'ai jeté au loin les piolets et que j'ai renoncé aux montagnes. La sagesse que j'ai, qui est la mienne (qui n'est pas La Sagesse) me vient aussi bien par l'effort que par la compréhension du sens de cet effort, et je la trouve aussi bien dans toutes les directions de l'espace, de l'esprit et du temps. Elle me vient aussi bien dans les moments de joie que de tristesse, quand je la cherche activement ou quand je la laisse venir passivement, paresseusement.

Voilà pour moi.

A bientôt.

paradox a dit…

Cher Corto,

c'est aussi cela, il faut bien l'avouer.

Dans toutes les directions de l'espace et du temps...

Rien ne nous oblige ni à chuter jusqu'au fond de l'abîme ni à gravir des sommets : la plaine n'est pas mal non plus.

Astrale a dit…

On peut aussi évoquer l'expérience, celle qui comme une petite lanterne n'éclaire que celui qui la porte;-)
experience:ex-perire ? traverser et sortir d'un danger, tenter?
de toute façon, le chemin pentu ou tortueux, est long...et tant mieux!

Corto a dit…

On peut aussi ce dire que si nos mythologies plaçaient le paradis sous terre au lieu de l'imaginer dans le ciel, la progression vers la sagesse s'assimilerait plus à de la spéléo qu'à de l'escalade ! :-)

"La voie vers la Sagesse est une longue descente en rappel..." (sage improbable d'un siècle indéfini)

Bien à vous...

Astrale a dit…

hé oui, on parle surtout de la descente aux enfers...c'est dans ce sens là...;-)

Astrale a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Corto a dit…

L'avantage que je vois dans cette hypothèse c'est que vu que je crèche la plupart du temps entre les 36ème et 45ème dessous (au 36ème les jours fastes), je n'aurai pas à faire un très long trajet pour trouver la sagesse. En plus de ça, je n'aurai qu'à m'asseoir et à me laisser glisser...

Bien à moi...

Corto a dit…

En fait, au 36ème dessous je n'y reste jamais très longtemps car les gens qui se trouvent là sont des fêtards un peu bruyants...Ya un peu trop de monde aussi...

Bien à qui de droit...