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jeudi 12 juin 2008

Hôpital

Mardi j'ai fait grêve...ça ne m'était pas arrivé depuis ma sortie d'école de sage-femme...donc un bon nombre d'années. J'ai donc déserté mon service, après avoir rempli ma mission du jour(indéplaçable faute de disponibilité de rendez-vous), une dizaine de consultations prénatales(échographies).Pour le reste(travail administratif) rien d'urgentissime Alors, dès 14h30, out!

3 heures de retenue sur salaire.
Grêve peu suivie, faut toujours que je sois en décalage...

Les hôpitaux sont en faillite, le saviez-vous?

Tout va être privatisé, la santé coute trop cher...on revient au système de :t'as de l'argent tu peux avoir une chambre seule, t'en as pas, tant pis pout toi. le programme: humanisaton des hôpitaux est laissé de côté. J'apprends depuis quelque temps que les patients, ne sont plus des patients, mais des CLIENTS...super...la santé n'a pas de prix mais elle a un coût! WWaaaaouh! quelle trouvaille!
Hé bien, c'est cuit, non, il faut rentabiliser,
soigner? c'est accessoire.
Enfin, si vous souhaiter finir vos jours et avoir accès à des soins, je vous conseille de vivre dans une grande ville, non loin d'un CHU, et de prévoir votre budget santé...
Bon courage!

5 commentaires:

Corto a dit…

As-tu entendu parler de cette "clinique de l'horreur" (ah ces journalistes...quelle originalité dans le choix des titres !), en Italie, dans laquelle des chirurgiens ont multiplié des actes médicaux inutiles sur des patients-clients pour se remplir les poches ? Des trucs du genre : ablation de poumon pour une pleurésie par exemple. Et il y aurait peut-être même eu des morts ! (à noter que la clinique en question est la propriété d'un notaire...)

Du coup je me demande comment on peut avoir confiance à 100% en un "système" qui rémunère ses praticiens de santé à l'acte. Certains actes médicaux sont plus rémunérateurs que d'autres par exemple ! Et sans aller jusqu'à la parano, comment savoir qu'une intervention est vraiment indispensable et n'est pas pour le chirurgien juste un bon moyen de payer les traites de son château en Espagne ? A part la déontologie, qu'est-ce qui protège le patient-client-usager, qui ne connaît rien à la médecine, et qui est en situation de vulnérabilité face à la maladie ?

Dernièrement j'ai personnellement eu à connaître d'une situation où le chirurgien a pratiqué une intervention que certains jugeaient inutile mais qui a permis de débusquer un cancer trois mois plus tôt que si on avait simplement attendu de nouvelles analyses. Pas facile de trier les bonnes pratiques des mauvaises.

Mais sur l'aspect patient-client, à mon avis, nous sommes collectivement "coupables" de cette dérive. Nous estimons tous, plus ou moins consciemment, que le système médical nous doit un traitement de type hôtelier (qui n'a pas râlé en découvrant qu'on ne lui avait pas réservé une chambre individuelle ?) et nous voyons souvent l'hôpital comme un simple "distributeur" de prestations. D'ailleurs, beaucoup de gens préfèrent les cliniques uniquement parce qu'ils doivent tout payer au prix fort, et qu'à partir du moment où "on paye ce prix-là", on est quand même mieux soigné !

Beaucoup d'irrationnel dans tout ça... Une éducation à refaire peut-être ? Une campagne du type "les antibiotiques c'est pas automatique" mais où on aurait "mon hôpital n'est pas si mal" !

djaipi a dit…

C'est quand même curieux (...) que trois des principaux organes d'une société humaine (santé, justice, éducation) soient gangrénés ainsi par cette funeste idéologie libérale-fasciste... Le Mollock est en pleine forme.
Entrer en résistance...
Courage et bises

Astrale a dit…

Corto: les dérives ont toujours été possibles, il y a des médecins crapuleux comme il y a des avocats verrreux, des incompétents, il en existe dans tous les domaines...

Astrale a dit…

Djaipi: hé oui, ce n'est pas très réconfortant tout cela...et si l'on se lance dans les analogies, cela fait peur...

Corto a dit…

Astrale : certes. Je suis bien d'accord. Mais tout le monde s'attend à ce qu'un avocat soit plus ou moins une fripouille, c'est bien dans les esprits. Un peu comme pour un politicien, on estime même souvent que plus ils sont crapules et plus ils sont doués. Un médecin c'est un peu différent ; il a entre ses mains quelque chose à quoi on tient en général beaucoup : notre vie.

Je me demandais seulement si le principe du paiement "à l'acte" n'était pas justement trop tentant pour le pourcentage habituel de crapules qu'on trouve chez les professionnels de santé comme partout. La "privatisation" du système de santé s'accompagnant habituellement d'une plus ou moins grande dérégulation (diminution des contrôles) qu'est-ce qui garantira la confiance ?

Djaipi : je ne vois pas bien ce que les fascistes viennent faire dans cette histoire...