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mardi 24 juin 2008

l'héroïne voyage


Elle regardait au loin, les yeux rivés à l’horizon...rien...elle n’apercevait plus rien...
Son corps n’était pas douloureux, elle ne s’en occupait pas. Ou plutôt, elle lui avait enfin redonné sa place. Elle le ménageait.
Des fruits délicieux étaient venu redonner vigueur à son appétit manquant. Elle avait trouvé de la joie à les croquer à pleine bouche.
Assise en face de la mer, sur le sable, elle fixait le rayon lumineux qui se dessinait entre ciel et mer.

Le vide...

Mais non, impossible...

Ses pensées la submergeaient...
Déjà au réveil, elle était envahie de multiples images qui se bousculaient dans sa tête meurtrie.
Des émotions, elle en avait connus ces dernières semaines. Des déchirements, des tiraillements, des frustrations...

Puis elle s’était sentie flouée.

Elle avait tout connu dans ces derniers moments...l’extase heureuse et l’amertume de la trahison.

Après ce vacarme dans lequel elle avait baigné, voilà que tout à coup, elle se retrouvait là, isolée.

Pourquoi n’arrivait-elle pas, comme à son habitude, à dépasser cela?
Pourquoi se sentait-elle sombrer délicatement et imperceptiblement?

Déprimée? Non, ce n’était pas son genre...elle avait connu des situations infiniment plus tristes.

Elle était tourmentée...voilà le terme exact.

Toujours sincère dans sa vie, aimante et douce, elle n’avait eu de cesse d’essayer de donner le meilleur d’elle-même. Elle n’avait de haine pour personne. Elle prônait la non-violence. Elle savait les injustices et les horreurs, mais elle avait envie de vivre pleinement malgré tout et d’être heureuse, sans culpabilité. Elle était blessée quand elle observait ce monde stupide où l’homme s’évertuait à détruire, à salir; elle essayait toujours d’apporter compassion et tendresse aux personnes qui lui témoignaient de la sympathie.

Elle était entière. Quand elle était prête à donner, elle donnait tout, sans réserve, sans calcul, sans arrière-pensée.

Cela effrayait sans doute ...d’ailleurs, elle n’avait que très peu d’amis.
Au fond, c’est ce qu’elle souhaitait.
Des connaissances, oui, elle en avait beaucoup, car elle était plutôt affable et avait le sens de la communication, mais des amis véritables, des êtres qui résonnent avec elle, qui lui font confiance, qui l’aiment en somme, elle en espérait.

Ce soir là, les yeux dans le vague, embrumés de larmes, elle avait le cœur douloureux.

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3 commentaires:

Chronophonix a dit…

Se raconter à la troisième personne...ça donne une profondeur au texte, comme s'il décrivait une situation vue de plus haut, une distance qui recèlerait le mystère de l'être. J'ai aimé lire ces trois "histoires de toi".

Astrale a dit…

c'est prendre le recul quelque fois incontournable pour émerger!;-)

ariaga a dit…

Prise par les voyages imaginaires de mon blog et bien d'autres soucis j'avais un peu "zappé "le tien qui, en plus est mal placé dans mes catégories de liens. Je vais remédier à tout cela car j'aime beaucoup ton concept de l'héroïne et ta manière d'écrire, et aussi le "fond" de tes articles. A bientôt.